Biodiversité

Conséquences pour la biodiversité

Un bouleversement du sol
Conséquences sur l’eau et les zones humides
Une barrière infranchissable.

La biodiversité est l’autre grande perdante de la construction d’une autoroute. L’autorité Environnementale relève que l’analyse de l’état initial est incomplet et repose sur des études anciennes.

En premier lieu, l’artificialisation est estimée à 599 hectares. Ce chiffre paraît très faible comparé aux estimations faites pour la GPSO. Il ne tient sans doute pas compte de la phase des travaux ni de l’itinéraire bis qui devra être réaménagé. D’ailleurs, l’AE la chiffre à 800ha. C’est compter aussi sans les rétablissements des voiries coupées, Le dossier minimise cet élément ce qui est déloyal.

Un bouleversement du sol                                                 

Les terrassements nécessaires seront considérables mais le dossier oublie totalement l’impact qu’ils auront sur les sol:s 250 000m3 de terre au kilomètre de tracé1

Or le sol est le siège d’une grande partie de la biodiversité et contient plus de matière organique que la partie hors-sol. Cela concerne la macrofaune, les dizaines d’organismes visibles à l’œil nu comme les vers de terre, les araignées, les millepattes, – .la mésofaune, les collemboles ou encore les acariens – la microfaune / microflore qui constitue la plus grande majorité de cet écosystème, les nématodes, bactéries et champignons, que l’on compte par millions.

Ce sera une perte irremplaçable qui n’est pas concernée par la compensation.

Conséquences sur l’eau et les zones humides                          

Ces terrassements vont également déstructurer le cheminement de l’eau, aussi bien en surface qu’en profondeur. Si les écoulements de surface sont rétablis, il n’est sera pas de même sur les écoulements dans le sol, sur une profondeur qui peut dépasser plusieurs mètres, voire dizaines de mètres sur les portions en creux. En Haute-Vienne il n’existe pas de nappe phréatique. L’eau est stockée dans l’arène granitique, c’est-à-dire les premiers mètres du sol. Le bouleversement induit par les travaux va diminuer fortement la capacité de stockage, ce qui est une perte de ressource en eau pour les périodes de sécheresse.

On trouve, dans le fuseau sélectionné, 120 hectares de zones humides fonctionnelleson trouve plusieurs ZHIEP, Zones Humides d’Intérêt Écologique Particulier, et des ZSGE, Zones Humides Stratégiques Pour la Gestion de l’Eau. Compenser cette perte est impossible. Il faut de nombreuses dizaines d’années pour reconstituer une zone humide avec son cortège floristique et faunistique permettant un fonctionnement optimal en termes de gestion de l’eau.L’autorité environnementale a signalé, page 9 de son rapport, que l’enjeu zones humides était sous-estimé.

Une barrière infranchissable.                                                           

Les infrastructures routières sont sources d’impacts importants sur les écosystèmes, amplifiés par la circulation. L’un des principaux réside dans la coupure des milieux naturels par le réseau routier qui nuit à leur continuité. Il gêne la circulation des espèces, morcelle leurs territoires et réduit les échanges entre écosystèmes. Les infrastructures font obstacle aux déplacements des animaux à la recherche de conditions favorables à leur reproduction ou à la survie des jeunes. Cela est vrai dès l’ouverture du chantier et s’intensifie avec le trafic” rapport de l’IFEN, 2006 2.

De nombreux corridors écologiques ont été identifiés entre Poitiers et Limoges lors de la réalisation des Schémas régionaux de cohérence écologiques réalisés pour les ex régions de Poitou Charentes et Limousin. Des corridors boisés et des corridors bocagers qui seront déstructurés par l’autoroute.

La barrière est annoncée à 25m de large en tenant compte d’un talus de 1m, mais elle sera plus importante de grillage à grillage. Les quelques passages envisagés pour la faune sont trop limités pour permettre une véritable continuité.. La largeur de la coupure ne permet pas une traversée par la flore.

Compte tenu de la vitesse, les collisions avec la faune seront plus nombreuses, en particulier la faune aérienne : oiseaux, insectes, chauves-souris.

Le dossier de concertation cite certaines espèces remarquables mais ne donne aucune indication sur l’impact sur la biodiversité ordinaire. Il faut rappeler que la notion de perte de biodiversité ne recouvre pas que la disparition de certaines espèces déjà fragiles mais aussi la baisse du nombre d’individus dans la plupart des communautés animales et végétales.

Ce projet est contraire aux objectifs de baisse de l’érosion de la biodiversité, affiché aussi bien au niveau national qu’au niveau régional.

Les mesures de compensation ne permettent jamais de rattraper la perte, en particulier parce que leur durée n’est pas égale à la durée d’utilisation de l’autoroute. Elles sont en général abandonnées au bout de 20 ans. La compensation ne peut être efficace que si elle permet une renaturation de surfaces artificialisées. Les 1300 ha prévus ne correspondent pas à ce scénario car ce ne sera pas une désartificialisation mais une intervention sur des surfaces agricoles ou naturelles dont on modifiera la qualité, notion qui mériterait d’être discutée.

Les retours d expérience de la LGV Tours-bordeaux sont sans appel : l’application formelle, strictement règlementaire, de la séquence légale ERC « Éviter, Réduire, Compenser » ne suffit ni à sauver les espèces et les habitats les plus stratégiques ni à créer ou restaurer des habitats équivalents.

1file:///C:/Users/33645/AppData/Local/Temp/bilan_carbone_du_projet_etude_cerema_-_division_territoriale_est_-_laboratoire_regional_de_nancy-1.pdf

2https://www.ifsttar.fr/collections/BLPCpdfs/blpc__210_95-104.pdf

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